jeudi 17 mars 2011

Le baron libertin en liberté sous le Troisième Reich


Quelles seraient les conséquences si Cami rencontrait Brecht ? Voici l’étonnant point de départ de notre
histoire, où l’Histoire joue le premier rôle !
Bertolt Brecht écrit entre 1935 et 1938 les vingt-quatre scènes de GrandPeur et Misères du IIIème Reich.
Ces scènes dressent un portrait de la société allemande depuis l’avènement d’Hitler jusqu’aux prémices de
la guerre sans toutefois suivre une chronologie rigoureuse. Brecht s’est directement inspiré de récits de
témoins oculaires et d’extraits de journaux pour composer ce texte qui montre l’enracinement profond du
régime nazi dans toute les sphères du peuple allemand. Le nazisme est là, qui monte, sous nos yeux. La
réalité est bien présente. Les signes éclatants.
« Tout sera réalisé ».
Avec une bonne dose d’humour et de bon sens, Brecht pointe le doigt sur nos petites et moins petites
lâchetés du quotidien. Comment pouvons nous nous laisser aveugler et endormir au point de nous laisser
enchaîner sans opposer de résistance ? Renier jusqu’à nos convictions les plus enracinées ? Nul ne donne
de son plein gré un serpent à son fils quand il demande du pain. Alors, pourquoi le faisons nous quand la loi
nous l’ordonne ?
Imprimées en 1938 pour les éditions Malik de Prague, ces scènes n’ont cependant pas pu être diffusées en
raison de l’agression hitlérienne contre la Tchécoslovaquie. La pièce a été en partie représentée à Paris en
1938, avant d’être publiée dans sa version définitive en 1945, à New-York.

mercredi 6 octobre 2010

WILLI

Qu’est-ce que vous foutez là ?

LE MARQUIS

Et ben voilà !... J’ai un couteau dans le ventre !

WILLI se précipitant vers lui

Merde !... Mais c’est le mien !

LE MARQUIS

Evidemment… Quand les idées sont dans l’air…

WILLI

Quel est le salopard qui vous a fait ça ?

LE MARQUIS

Un jeune. Avec un manteau.

WILLI

Dans mon genre ?

LE MARQUIS

Oui. A votre place, moi, je me débinerais.

WILLI criant son innocence

Mais ça peut pas être moi ! J’arrive ! J’étais pas là !

LE MARQUIS expirant

J’ai pas dit que c’était vous.

WILLI

Alors c’est qui ? Vous pourriez ouvrir les yeux dans un cas pareil !

"Vous allez quand même pas me laisser rentrer tout seul, dans les rues désertes à trois heures du matin ?...

Avec ce qui se passe en ce moment ?"

Le docter Ley, le chat et la moutarde

Le docteur Ley, au cours d’un petit voyage professionnel qu’il a fait pour « Kraft durch Freude », rencontre un pacha de la république de Weimar.

Je serais bien incapable de donner un nom, ça pourrait même se passer dans un camp de concentration, mais le docteur Ley n’y va jamais, parce qu’il est très sage, et le pacha lui demande alors comment il s’arrange pour que les ouvriers bouffent maintenant ce qu’ils n’auraient jamais voulu bouffer autrefois.

Le docteur Ley montre un chat qui se chauffait au soleil, et dit : « Supposons que vous vouliez lui faire avaler une bonne ration de moutarde, que cela lui plaise ou non, comment faites vous ? »

Le pacha prend la moutarde et l’enfourne dans la gueule du chat. Evidemment, la bête aussi vite lui crache la moutarde à la figure. Pas moyen de la faire avaler, mais des coups de griffe en veux-tu en voilà !

« Mais non, mon vieux, dit le docteur Ley avec son air supérieur, c’est raté ! Regardez-moi. » Il saisit la pauvre bête, prend la moutarde d’un geste rapide, et la lui colle, ni vu ni connu, dans le trou du cul.

(Aux dames) Excusez-moi, mais c’est dans l’histoire. Le chat, tout ahuri, car ça lui fait terriblement mal, s’efforce aussitôt de lécher la moutarde.

« Regardez, cher monsieur, dit le docteur Ley triomphant, il la mange ! Et volontairement ! »

« Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l’intelligentsia, la bourgeoisie et la classe ouvrière.

Il y a certes le courage d’une poignée de militants qui, au mépris du danger, publient leur littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d’une grande part des intellectuels »

mardi 5 octobre 2010

« Soyez les bienvenus.
Bienvenus à vous dans l’antre diabolique du tristement célèbre Baron de Crac.

Entrez dans ce voyage, vivez cette folle aventure pleine de rebondissements et de métamorphoses du sardanapalesque Baron de Crac, parent gaulois du légendaire Baron de
Münchhausen qui, revisité par l’oeil difforme du contrefacteur Cami, aidé il est vrai par la propension naturelle de notre héros à la tromperie et au travestissement est devenu ce franchouillard haut en couleur, farceur, noceur, pour qui la vie n’est qu’une comédie.

Jusqu’à …..(chut, ça commence !) »